savoir marcher à Istanbul ou comment garder la forme

Depuis quelques jours, je retrouve avec plaisir les rues pleines de monde, l'animation du quartier derrière le bazar égyptien, et remonte tranquillement par les rues en pente vers l'hippodrome.

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Malgré les rénovations récentes, l'atmosphère est toujours la même : les gens s'affairent sur les trottoirs, transportant leurs marchandises vers les entrepôts ou les boutiques, on s'interpelle, on plaisante, et malgré la foule qui grouille, aucune marchandise ne tombe, aucun transporteur n'arrache les chevilles des passants (ou très rarement) et les gens se frôlent sans jamais vraiment se toucher.


C est une chorégraphie admirable, qui m'a toujours impressionné. Les gens se foncent littéralement dessus, mais au dernier moment, les bustes pivotent, les épaules s'évitent de quelques millimètres et tout le monde continue sa route tranquillement, recommençant le même « pas de deux » quelques mètres plus loin. Il est vrai que celui qui n'a pas l'habitude perturbe quelque peu cette danse.


Moi, je trouve que ça a quelque chose de très sensuel. On a l'impression d'assister à un ballet moderno-érotique, une sorte de corps à corps dans lequel s'affrontent ouvriers et hommes de peine. On devine leurs jeunes corps musclés, habitués aux travaux de force, sous les rudes étoffes. ...


On trouve ce même ballet dans le reste de la ville, sur la rue commerçante plus moderne d'Istiklal par exemple, mais là, rien de vraiment sensuel, c'est plutôt à qui passera le premier, sans réel égard pour celui qui arrive en face. Si tu ne te pousses pas, c'est à tes risques et périls ! Entre ceux qui flânent, avec la lenteur des escargots, et ceux qui foncent vers on ne sait quel randevu ultra urgent, il est parfois assez difficile de maintenir son propre rythme de marche. C'est un zigzag permanent, un véritable parcours sportif : on change de rythme toutes les 30 secondes, on pivote le buste pour éviter ceux qui arrivent en face, on se déplace tantôt en ligne « droite » (assez rarement en fait), tantôt en diagonale (le plus souvent en fait), 3 mètres vers la gauche, suivi d'un retour immédiat sur la droite pour éviter le groupe de collégiens qui arrive en face, un coup de frein intempestif pour ne pas heurter les deux femmes qui tout à coup, décident de s'arrêter pour admirer la vitrine (elles sont quand même au milieu de la rue ! et ne semblent pas remarquer la foule environnante), grand écart pour pouvoir continuer son chemin... On devrait inscrire cette marche sportive aux jeux olympiques, au même titre que le triathlon !! Mais au moins, on garde la forme !


Et pour garder la forme, Istanbul nous offre la possibilité de pratiquer un autre sport : le trekking. Assise sur ces 7 collines, elle met très généreusement à notre disposition toutes ses rues en pente, ses escaliers interminables, qui sont un supplice pour les jambes mais un véritable bienfait pour le corps et le coeur. Il me faut bien quelques jours, lors de chaque séjour, pour me réhabituer à ces infernales montées qui m'encerclent, où que je décide de me rendre : monter à Taksim, pour aller chez le berber ou simplement aller acheter un magasine, le verbe prend ici, croyez-moi, réellement tout son sens. J'habite au pied de la colline, il me faut bien la monter... et la vilaine, elle est escarpée...

Et des
collines... il y en a bien d'autres ...