Karagöz ve Hacivat



Karagöz et Hacivat sont les deux personnages traditionnels du théâtre d'ombres turc. Très populaire du XVI au XXième siècle, ces 2 personnages évoluent dans un quartier imaginaire, accompagnés d'une foule d'autres personnages de toutes origines : ils représentent la société ottomane dans son ensemble, stéréotypes des figures majeures de la religion, des ethnies et des provinces qui composent l'empire ottoman de l'époque.




Karagöz
(Oeil Noir) est l'homme du peuple, bourru, astucieux et franc. Il représente le symbole du bon sens populaire. On pourrait le comparer à notre Guignol bien connu. Il est accompagné par Hacivat, son compère, personnage rusé et par une quantité d'autres personnages, tel que l'idiot du village, le mendiant arabe, le juif (chiffonnier ou bijoutier), le Grec, le domestique arménien, la servante noire de la maison, la tante circassienne, le gardien albanais, et j'en passe. Chaque personnage est reconnaissable à son costume et son accent.


La légende veut que ce couple malicieux soit né à Bursa, lorsque les Ottomans en font leur capitale. On dit que le contremaître bossu du chantier de la mosquée d'Ulu à Bursa et son ami le forgeron Hacivat échangeaient à longueur de temps de telles pitreries et blagues que tous les ouvriers s'arrêtaient de travailler pour les regarder et ne pas rater un bon mot. La construction prit un tel retard que le sultan de l'époque, Orhan Gazi (1324-1402), fort mécontent, les fit exécuter.


Au début particulièrement apprécié dans les palais et les maisons bourgeoises, le spectacle devient peu à peu très populaire auprès de toutes les couches sociales. Satire sociale et politique, il devient en quelque sorte la soupape de sécurité de l'empire ottoman. Basé sur des métaphores et des néologismes, le comique de quiproquo et la grivoiserie sont de mises. Ils évoquent les problèmes de la vie quotidienne, imitent les personnages connus et du pouvoir, se mêlent de tout, se mettent dans des situations inextricables, se moquent ouvertement de l'autorité et même de certaines traditions.


Autre caractéristique de ce théâtre d'ombres, tous les personnages, ainsi que les décors, sont fait en cuir transparent, peints de couleurs végétales translucides. Eclairés par une lampe, le hayali (le montreur d'ombre) les manipule à l'aide d'une baguette de bois.


Chaque pièce comprend 4 « actes » : le public s'installe devant un rideau accompagné d'un symbole, le gostermelik, qui attire son attention.
Le spectacle commence alors par le prologue, le mukaddime : Hacivat entre en scène au son d'un semai, une chanson populaire, dont il lit les paroles. Il appelle ensuite son compère.
Celui-ci arrive et commence alors le dialogue, le muhavere, joute verbale liée à l'intrigue.
S'ensuit la pièce, le fasil, au cours de laquelle se nouent et se dénouent les intrigues, plus ou moins complexes, au fur et à mesure de l'arrivée des autres personnages.
L'épilogue, le bitis, ramène Karagöz et Hacivat sur la scène, le premier suppliant le second de lui pardonner ses erreurs. C'est également le moment de se faire pardonner du public, si les paroles prononcées ont été offensantes ou choquantes, par la formule rituelle : Sürç-ü lisan ettikse affola ! (si la langue nous a fourché, pardonnez-nous !)

Intéressé(e) par la cuisine, cliquez ici pour visiter mes ateliers

Interest by cooking, click here to visit my workshop


Si vous voulez en savoir plus sur ce thème, voici quelques liens :
(en français)
http://www.karagoz.net/french/karagoz_hacivat_introduction.htm
(en anglais, sur l'un des plus connus montreur d'ombre, Metin Ozlen)
http://www.karagozhacivat.com/

Et si vous voulez assister à un spectacle en France :
http://karagoz.free.fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=13&Itemid=60

Il existe même un film : HACIVAT KARAGOZ NEDEN OLDURULDU ? (pourquoi hacivat et Karqagoz ont-ils été tués ? - 2006), de Ezel Akay. Si j'en crois ce que je lis, le titre en français serait : Qui a assassiné les ombres ? voir :
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110141&nopub=1.html
http://www.cinereporter.com/films/film4837.htm

Iyi eglenceler !