hamam ou bains turcs

Avez-vous vu le film  Hammam (il bagno turco - 1998) de Ferzan Oztepek ? A voir absolument. Il vous donnera une idée de la "vraie" vie d'une partie des stambouliotes et à l'écoute de la lecture des lettres de la tante du personnage principal, vous comprendrez mieux la relation que j'ai avec Istanbul...

Mais là n'est pas le propos... Je voulais vous parler des hamams. Il en existe une quantité incroyable dans la ville. Beaucoup sont malheureusement fermés... vie moderne et eau courante ! Lieu social par excellence à une certaine époque, on s'y retrouvait comme on se retrouve au café aujourd'hui... Avouez que c'est plutôt agréable de prendre un thé sur des pierres chaudes, après un bon massage. Mais au fait, la mode ne serait-elle pas en train de revenir ?

Et pour commencer, je voudrais citer Ernest Mamboury, dont le livre est une mine d'or de renseignements sur Istanbul. Juste pour vous donner une idée de l'atmosphère de ce lieu de détente absolue et de sensualité.

    "Toutes les salles sont surmontées de coupoles criblées de petits trous recouverts de cloches de verre qui donnent le jour à l'intérieur, les bains turcs ont un cachet bien oriental. On entre d'abord dans une grande salle carrée et haute (l'apodytérium ou vestiaire des bains), dont les murs sont garnis d'estrades en bois ayant souvent un ou deux étages ; les baigneurs pauvres se déshabillent en bas, tandis que les riches et les personnes de distinction ont à leur disposition les galeries supérieures, garnies de confortables sofas. Le centre de cette salle est orné d'une série de vasques étagées en forme de coquilles, d'où l'eau tombe en cascade ; des oiseaux chantent dans des cages, un café chaud et crémeux est préparé dans la cheminée spéciale, et des "narghileh" sont à la disposition des clients."

Vous avez salivé ? Personnellement, je rêve un jour de profiter d'un hamam de ce genre... Malheureusement, les oiseaux ont disparu, les nargile aussi, mais le charme et les bienfaits du hamam sont toujours d'actualité ! L'un des plus beaux se trouvent dans le quartier touristique de Sultanahmet, dans le quartier de Cagaloglu, dont il porte le nom. (allez jeter un oeil sur le site : http://www.cagalogluhamami.com.tr/)

Mais je préfère les petits hamams de quartier, bien plus authentiques. Il y en a un peu partout. Prenez votre courage à 2 mains et lancez-vous.

Les plus grands hamams possèdent 2 parties, l'une réservée aux femmes, l'autre aux hommes. Les plus petits, qui n'ont qu'une seule salle, divisent leurs horaires d'ouverture entre les femmes, en général l'après-midi, et les hommes, le soir.

Si j'ai eu la chance, dans un hamam d'Iznik (ville connue pour son lac et ses céramiques), de profiter d'un massage de qualité, vous subirez plutôt ceux des masseurs turcs stambouliotes. Ils prennent un malin plaisir à exagérer les pressions, et le volupté du massage peut rapidement se transformer en supplice. Si vous parlez turc, ils seront plus "gentils", sinon, mon conseil : demandez un simple "kese" (prononcer késsé). Il s'agit du nettoyage de peau, celui qui débarrasse votre corps de toutes les peaux mortes. Il constitue en lui-même une sorte de massage, précédent celui que vous recevrez (ou subirez) si vous tentez le diable !

La caractéristique des bains turcs réside dans le fait que la chaleur est apportée par le sol, à travers un système de conduites qui passent sous les dalles de marbre et le long des murs. Vous vous reposerez sur le "göbek tasi", la pierre centrale, très chaude, après vous être longuement lavé devant l'une des nombreuses vasques, dans les alcôves adjacentes.

Juste pour vous donner un idée de ce que devrait être un massage traditionnel, comme celui que j'ai eu le bonheur de goûter à Iznik, voici ces quelques lignes, tirées de notre "bible" à tous, le Constantinople de Mambury :

Après s'être déshabillé dans sa cabine, le baigneur va passer par une étroite porte basse dans une deuxième salle, tiède. "C'est dans cette salle que le musulman fait ses ablutions rituelles et sa toilette intime, dans de petits cabinets particuliers munis de petites vasques de marbre adossées au mur et dans lesquelles il a l'eau chaude et froide à sa disposition. De là, il passe au caldarium (étuve) où règne une forte chaleur chargée de vapeur d'eau. Au milieu de cette salle se trouve une estrade de marbre sur laquelle le baigneur s'étend, en se confiant aux mains agiles des masseurs turcs qui ont su conserver les traditions des "aliptes" du passé. Après ce massage, le baigneur est mené par son masseur à l'une des vasques de la rotonde ; là, commence le savonnage avec un gant de poil de chèvre, suivi du rinçage à grande eau, répété plusieurs fois. Le baigneur quitte alors le caldarium et revient, emmailloté de serviettes chaudes, goûter le "kief" sur son lit de repos de l'apodytérium."

Saatler olsun !

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IL existe  un très beau livre, mais en turc (!), sur les hamams d'Istanbul. Même si vous ne comprenez pas, il vous donnera les adresses de tous les hamams par quartiers et de superbes photos. Il s'agit du livre "Türk Hamami, Istanbul Hamamlari Rehberi" de Orhan Yilmazkaya, aux éditions Çitlembik. Et si vous avez des questions, posez-les, j'y répondrai avec plaisir.
(les heures signalées "kadin" sont pour les femmes, "erkek" pour les hommes)
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