leçon de foot au comptoir

Publié le par Dvd

Et voilà, ça m'apprendra à travailler dans un café ! Je viens de recevoir ma première leçon de foot, ha ha ha ! Il était temps, me direz-vous, depuis le temps que je vis ici, étant donné que le foot est la deuxième religion du pays (et les dedicodu, c'est-à-dire les commérages, ceci étant le deuxième sport national).


Je ne me suis jamais vraiment intéressé à ce sport. Mais quand on vit en Turquie, on a du mal à passer au travers de la fameuse question :

     - "hangi takim tutuyorsun
?" Que l'on peut traduire par : Quel club tu soutiens ?

Qui doit être la deuxième question posée, juste après de quel pays tu viens ? ...


On me l'a déjà posée des milliers de fois, mais j'avais toujours réussi à m'en tirer avec ma réponse habituelle : "je ne m'intéresse pas au foot", réponse qui suscite toujours une réaction d'incompréhension, voire de choc à peine voilé. Mais ce soir, après les onomatopées usuelles en ce genre de circonstance, mon acolyte décida que je soutiendrai à l'avenir Galatasaray.

Et me voilà parti pour apprendre toute l'histoire de ce grand club en moins de temps qu'il ne faut pour envoyer un ballon dans le camp adverse.


ET comme j'étais en train de travailler sur ce blog, donc branché sur internet, j'ai eu droit à un tour complet des meilleurs sites turcs en matière footballistique, avec en priorité, bien entendu, celui de notre club bien aimé : Galatasaray !

Je vais donc vous étaler ma science, comme j'étalerai mon Nutella sur ma tranche de simit.


J'ai donc appris que le capitaine de cette fabuleuse équipe s'appelle Umit Karan, que le chef actuel du club s'appelle Adnan Polat, ... mais ce qui m'a interpellé et que je trouve bien plus intéressant que le nom de tous les joueurs passés, présents et à venir, c'est que l'équipe fut fondé par les albanais. Tiens tiens...

Istanbul, 1er octobre 1905.  Dans le très grand lycée Galata Saray Sultanisi, notre actuel lycée de Galatasaray, Ali Sami Yen, albanais de son état (il appartenait à la grande famille des Frashëri), décide de créer un club de foot, dans la pure ligne des clubs anglais. Le club était né !

Pour la petite histoire, mon guide improvisé me glisse à l'oreille que le club était appelé aussi "cimbom" (nom qui est d'ailleurs toujours d'actualité), qui en arménien voudrait dire aslan en turc, c'est-à-dire lion !

Juste avant de vous quitter et de vous donner le lien sur lequel les amoureux et les curieux ne manqueront pas de cliquer, laissons la parole à Ali Sami Yen (il écrit ses quelques lignes sur le livre d'or du club, 50 ans après sa création) :

« C'était le 1er novembre 1905. J'étais en Cinquième littérature. Notre professeur principal était Mehmet Atabey. Avec des camarades, nous avons décidé de créer une équipe de football dans l'école. Un petit nombre d'initiés s'est joint à nous. Nous avons tous découvert combien ce sport était passionnant. Très vite Tevfik Sonumut, Resat Sirvani, Cevdet Kalpakcioglu, Abidin Daver et Kamil se sont imposés comme des concurrents féroces. Par la suite, beaucoup d'élèves bulgares et serbes, habiles et physiquement forts, se sont progressivement intégrés dans le groupe. En tant que président du club j'ai nommé Asim comme trésorier et Cevdet comme vice-président. La raison pour laquelle j'ai désigné Asim comme trésorier était limpide : il avait l'habitude de demander un kurus (centième de la livre turque) à chaque joueur pour chaque match. Il m'a semblé raisonnable de lui demander de s'occuper des fonds du club. Pourquoi j'étais devenu président ? Tout simplement parce que c'est moi qui gardait le ballon de l'équipe. Sur le chemin de l'école, je passais devant un magasin qui vendait des produits porcins et j'avais l'habitude d'acheter du saindoux pour nettoyer et lubrifier le ballon. Je devais aussi réparer le ballon. Il m'est même arrivé un jour de découper un morceau de cuir sur l'une de mes chaussures pour le raccommoder. Mes amis se sont ainsi rendus compte combien j'étais dévoué. Nous avons pensé à Cevdet pour le poste de la vice-présidence car c'est lui qui lavait les maillots. Dès le départ, nous nous sommes fixés l'objectif de jouer en équipe comme les anglais, de porter le nom d'un club associé à des couleurs distinguées et de battre les équipes non turques ».

Maintenant, pour ceux qui veulent en savoir plus, cliquez sur le lien suivant (pas de panique, c'est en français !) :

http://www.cimbom.org/francais/information/index.html

 

 

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