coup de coeur : Loxandra de Maria Iordanidou

Publié le par fou d'Istanbul

Je viens de terminer la lecture de ce roman et je ne résiste pas au plaisir de vous en parler. Il nous présente Constantinople sous l'oeil bien particulier de Loxandra, "véritable figure" de cette ville à la fin du XIX ième siècle.

Ce livre nous transporte dans un Istanbul que nous ne connaîtrons plus mais tellement encore secrètement présent dans certains quartiers. Certains en ont encore la nostalgie...

Au fil des pages, vous découvrirez des villages qui maintenant se sont entièrement noyés dans la mégalopole, anciens quartiers grecs et arméniens, dans les environs de Taksim. En levant la tête lors de vos balades, vous aurez un aperçu encore assez net de ce à quoi pouvaient ressembler ces lieux.

On y entend encore, parmi tant d'autres, les marchands de salep, l'hiver, proposer "à la criée" leur boisson chaude et laiteuse à base de racine d'orchidées saupoudrée de tarçin (cannelle), qui vous réchauffe de l'intérieur.

Si vous ne connaissez pas encore Istanbul, ce livre vous mettra l'eau à la bouche. Car, en gourmande invétérée, Loxandra vous donnera envie de venir y dévorer yalanci dolma, pastirma, lukum et autres délices orientaux digne des grandes tables ottomanes.

A travers la chronique de sa famille, vous découvrirez la vie des grecs de l'époque et
traverserez l'histoire des dernières années de Constantinople. Et vous comprendrez aussi pourquoi on aime tant cette ville :

    "Elle aimait le Bosphore et ses hautes demeures dont les marches descendent jusqu'au fond de la mer. Ses platanes âgés de plus de mille ans, ses châtaigniers, ses sources et ses ruisseaux [...].

    Elle aimait les îles des Princes, avec leurs pinèdes, leurs paisibles eaux bleues.

    Loxandra aimait Constantinople tout entière et son printemps qui amenait Pâques et sa fête, qui amenait les roses d'avril (ennemies de la constipation), les roses de mai, les groseilles (qui calment la fièvre).

    Elle aimait l'été [...] guettant l'appel du marchand de glace, un robuste Bosniaque. "Glace au kaïmak !" criait-il, et tous les enfants couraient avec des tasses et des assiettes pour recevoir la glace de l'après-midi. [...]

    Et l'automne ! Ce merveilleux automne avec ses magnifiques couleurs, ses nouvelles odeurs, ses nouveaux fruits. La saison des confitures, des pâtes de coings ...

    Puis viennent les joies de l'hiver : on déballe les vêtements chauds, on décore la maison, on étale les tapis, et on se lance dans les préparatifs pour la fête de Dimitros.
"

Mais vous découvrirez bien d'autres choses, comme par exemple ce que l'on appelle le caractère oriental. En suivant Loxandra au fur et à mesure de ses péripéties, vous percevrez cette spontanéité et cette générosité toute orientale, "que redoutait Clio, et elle s'efforça, avant de quitter Constantinople [pour aller vivre à Athènes], de lui faire la leçon, de lui apprendre à la réfréner. Elle lui dit qu'à Athènes, les gens ne disent pas "qu'il aille à la malheure", qu'ils utilisent des fourchettes pour manger et non pas leurs mains, qu'ils ne se mettent pas à hurler chaque fois qu'ils sont contents."

Bonne lecture ! Bon voyage dans le temps et l'espace ...

Eglise de Baloukli ou balikli kilisesi

 

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